Mercredi 12 Juillet à Timia dans l’Aïr,
A 5h30 ce matin les phares du 4x4 viennent éclairer le campement, encore dans l’obscurité à cette heure-ci. On charge les provisions, on rempli d’eau la chèvre (transformée en outre, le frigo Touareg). Les boîtes de sardines, les gâteaux secs et quelques fruits seront notre seule nourriture pour le trajet. Nous sommes quatre dans le 4x4 : le chauffeur, El Hadj, un 2ème El Hadj et moi.
A la sortie de la ville on gagne la piste, le soleil se lève sur ce décors majestueux. Au d »but on traverse quelques petits villages fait de tentes et de huttes puis on s’enfonce peu à peu dans un désert de roche et de sable. Quelques heures plus tard nous sommes entourés de montagnes, la piste caillouteuse serpente dans tous les sens mettant le 4x4 à rude épreuve, nous sommes sur la plus mauvaise piste de l’Aïr, on dépasse très rarement le 20 km/h, souvent il faut rouler au pas pour franchir les obstacles. On roule ainsi pendant des heures dans ce désert rocailleux jusqu’à tomber sur une oasis, petit coin de verdure au beau milieu des montagnes. On s’y arrête un moment, on étale les couvertures sous un arbre puis on attaque les sardines, le thé fait passer tout ça.
On reprend la route sur une piste toujours plus mauvaise, et dire que des camions passent par ici. Parfois on aperçoit des maisons isolées au milieu du désert, les habitants sont obligés de faire plusieurs km pour aller au puit, on les voit de temps à autre avec des ânes chargés d’outres et de bidons, la vie est rude ici. On croise aussi quelques caravanes de chameaux, certaines en route depuis plusieurs semaines.
Au bout d’une dizaine d’heure de route on atteint la cascade de Timia, improbable petite mare d’eau au milieu de toute cette sécheresse, la petite mare est en fait très profonde, les habitants du coin ont déjà descendu une pierre attachée à une corde de 40m sans toucher le fond. L’endroit est très joli, on en profite pour prendre quelques photos dignes de cartes postales.
Entre toutes ces montagnes on retrouve enfin le sable et quelques km plus loin Timia, village de 4000 habitants environ et de 3km de long, la verdure refait surface, il y a beaucoup de jardins et de nombreux puits, dommage à cette saison il n’y a que des dattes, à d’autres époques on peut trouver des oranges, des citrons, des pamplemousses et d’autres fruits encore.
El Hadj connaît quelqu'un à Timia, on a donc un endroit où dormir car hors période touristique il n’y a rien de prévu pour les visiteurs. Comme d’habitude il n’y a ni eau ni électricité, cette fois-ci il n’y a pas de toilettes non plus, il faut aller dans la montagne. On monte ensuite au fort Français, d’un côté on voit les montagnes, d’un autre les jardins et d’un autre encore le village. On redescend pour aller visiter le jardin d’un ami, un gamin tire sur une vache qui elle-même tire sur une corde pour remonter l’eau du puit, celle-ci va irriguer tout le jardin en s’écoulant dans un complexe système de petits fossés. On mange des dattes fraîches.
On passe une nuit encore à la belle étoile, le lendemain matin on fait notre petit dej’ avec du pan et des sardines pour changer un peu, on mange même les gâteaux secs périmés depuis 2 mois déjà. Avec l’ami d’El Hadj on part visiter le village. Les ONG nombreuses dans l’Aïr font un travail remarquable dans différents domaines, la quasi-totalité des enfant est scolarisé.
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